»Ma maman m’a inscrite au poney club pour m’occuper les mercredis après-midi et voilà où j’en suis » – Gwendolen FER

543.JPGEquestrian News : Bonjour Gwendolen, merci d’avoir accepté de nous recevoir dans tes écuries. Peux-tu te présenter rapidement ?

Gwendolen Fer : »Je suis toulousaine d’origine bretonne et j’ai 30 ans. Mes écuries « Ecurie des Houarn » sont situées à 25km au sud-est de Toulouse sur les coteaux du Lauragais »

EN : A 30 ans tu as déjà une très longue carrière à cheval, tu as d’ailleurs commencé à 5 ans. Qui t’a poussée à choisir l’équitation et à faire de la compétition ?

GF :  »Ma maman m’a inscrite au poney club de Montgay à Nailloux pour m’occuper les mercredis après-midi et voilà où j’en suis ! Le poney club faisait de la compétition, mes frères aussi dans d’autres sports, ainsi la famille était assez tournée compétition, cela s’est donc fait naturellement »

EN : La compétition t’a bien réussi. On imagine facilement qu’une cavalière de ton niveau doit avoir un piquet de chevaux conséquent, peux-tu présenter tes chevaux ?

GF :  »J’ai une dizaine de chevaux dans mon piquet pour cette saison 2017. Outre mes deux chevaux de tête Romantic Love et Traumprinz, tous les deux vainqueurs en 3 étoiles, je vais pouvoir compter sur un 8 ans prometteur Vivaldy d’Aurois. Volt du Miral a le même âge et j’ai également au travail deux 6 ans Beauty Fly et Badington d’Aurois ainsi que deux 5 ans Circee Domerguie et Crack du Défi. Chaque cheval aura ses propres objectifs et un certain nombre d’entre eux sont potentiellement à la vente. Trois chevaux seront plus orientés en CSO, Curt Cobain, Virtuelle du Défi et Volcan du Miral »

dsc_5777psEN : De nombreux chevaux avec différents objectifs, mais un d’entre eux nous intéresse particulièrement : ton cheval des Championnats d’Europe. Parle-nous de Romantic Love.

GF :  »Roro est un cheval complet, c’est le cas de le dire ! Il possède toutes les qualités que l’on cherche chez un cheval de CCE aujourd’hui : allure, qualité de saut et du sang. C’est un surdoué qui comprend tout très vite, il est joueur et malin ! C’est un cheval fantastique, qui a quand même été maxi sur le cross de son premier CCI****, qui plus est à Badminton »

EN : Ton attachement à Romantic est indéniable et touchant. Tu as aussi des chevaux arrivés plus récemment dans tes écuries, que peux-tu nous en dire ?

GF :  »Chez les chevaux « seniors », je compte sur Traumprinz et Vivaldy. Je remercie Isabelle Meranger de m’avoir confié Traumprinz en 2014. L’osmose s’est tout de suite créée. Il est aujourd’hui au niveau 3 étoiles et à même remporté celui de Jardy pour une première à ce niveau. Il a toutes les qualités. Ce n’est pas le 2ème cheval de l’écurie c’est un numéro 1 bis. Quant à Vivaldy, il est extrêmement qualiteux mais encore jeune et inexpérimenté. Je pense qu’il devrait être pleinement opérationnel au milieu de l’année 2017 »dsc_2840

EN : Tu peux donc vraiment compter sur l’ensemble de ton piquet pour ta saison 2017 ainsi que sur le soutien de tes propriétaires. Tu as obtenu des récompenses très jeune, est-ce que c’était important pour toi ?

GF :  »Bien sûr je pense que toutes les récompenses, résultats, nous aident nous donnent de la motivation pour continuer et croire en nos rêves et se fixer des objectifs. Nous faisons un métier compliqué et de baliser le chemin avec de bons résultats fait non seulement plaisir mais récompense surtout l’implication de toute l’équipe des Houarn, des propriétaires et de nos partenaire »

EN : Tu as déjà une carrière dans le complet très avancée puisque tu es cavalière de haut niveau. Depuis combien de temps cela est-il le cas ?

GF :  »Selon moi, le haut niveau commence vraiment avec le niveau 3 étoiles. Exception faite peut-être du mondial du Lion 7ans, qui est quand même un championnat du monde. Donc 2006, pour mon premier championnat du monde des 7 ans et 2008 pour mon premier 3 étoiles »

EN : Tu évolues donc dans le haut niveau depuis environ 10 ans, tu es d’ailleurs une des rares femmes dans le haut niveau. Comment l’expliquer ?

GF :  »C’est une question que l’on m’a souvent posée mais je dois dire qu’il est compliqué de donner une explication directe. Nous sommes très peu en France à tourner régulièrement au niveau 3 étoiles et encore moins en 4 étoiles. Une vraie différence avec la plupart des autres pays européens. Pas seulement l’Allemagne et l’Angleterre mais également en Belgique, Italie, Hollande ou Irlande. Outres les aspects de vie personnelle et en réfléchissant un peu, une des explications peut être les piquets de chevaux. Finalement, les cavalières françaises ont des piquets de chevaux assez resserrés et j’ai l’impression que les propriétaires sont toujours peu enclins à faire confiance aux cavalières en France. Je le vois pour moi malgré la régularité de mes résultats depuis plusieurs années  je n’ai que des propriétaires femmes (à part mon frère) et progresser dans les différents classements ne peut se faire sans un piquet large et la confiance des propriétaires »

EN : Tu as couru de nombreux concours internationaux du plus haut niveau dans le circuit FEI Classics. Que ressent-on lorsque l’on court le mythique CCI**** de Badminton ?

GF :  »Je rêvais de courir ces épreuves-là, je l’ai couru une première fois avec Leria en 2011, j’attendais qu’une chose c’était d’avoir un autre cheval pour y retourner. Ce sont des épreuves fabuleuses à courir, tant pour le cross, le lieu ou l’ambiance, tout est extraordinaire là-bas. Avoir été classé sur ce concours mythique est un super souvenir (ndlr : 16ème avec Romantic Love en 2016). Badminton est le concours au monde où la concurrence est la plus élevée avec en plus l’un des parcours de cross les plus exigeants. C’est ce type d’épreuves, où l’on se confronte aux meilleurs, qui permet de progresser »

EN : Tu es donc une cavalière de haut niveau confirmée mais pas que ça. On peut te croiser régulièrement sur des concours complet aux alentours de Toulouse non pas en tant que cavalière mais en temps que coach. Quelle est la différence entre ces deux profils ?

GF :  »Ce sont deux métiers différents mais complémentaires, j’aime transmettre à mes élèves ! J’adore partager mes connaissances, mon vécu en compétition et l’expérience acquise auprès de plusieurs entraîneurs réputés et du staff de l’équipe de France. Ça me pousse également à prendre du recul et à réfléchir sur ma propre équitation. Je peux leur parler de choses concrètes. Mais je dois dire que le stress à pied est peut-être plus dur, on ne peut rien faire on regarde et on attend, c’est horrible ! À cheval on est actif, cela dépend de nous ! »

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EN : Cette réponse montre bien ton mental de compétitrice qui te réussit si bien. As-tu la même exigence envers tes cavaliers qu’envers toi ?

GF :  »Non, chez mes élèves j’ai tous les profils, il faut savoir s’adapter à eux, certains sont là pour se faire plaisir, se dépasser, d’autres sont là pour le sport, avec de vrais objectifs de concours. Je respecte chaque choix et je m’adapte. Ce qui est important c’est que chacun se fasse plaisir. Bon je dois avouer que certaines fois je m’arrache les cheveux ! Certains me font des nœuds au cerveau ! Elles se reconnaîtront ! 😉

J’essaye de leur donner des conditions optimales d’entraînements et nous avons même renforcé l’équipe autour d’eux avec par exemple un préparateur physique et mentale : Maxime Chataignier qui a participé 3 fois aux Jeux Olympiques et a été numéro 1 mondial de short-track (patinage de vitesse) qui se spécialise aujourd’hui dans la préparation mentale. Après nous laissons à chacun la liberté de puiser dans la caisse à outils que nous proposons »

EN : Ton équipe est présente tout au long de cette interview. Parle nous un peu de ton écurie.

GF :  »Nous avons créée en 2009 l’écurie des Houarn, elle poursuit depuis un développement constant. Malgré sa création récente, la qualité de la structure est reconnue DSC_2718.JPGpar les instances fédérales à travers l’obtention de nombreux labels de qualité délivrés par la FFE. Il y a aujourd’hui 45 chevaux de propriétaires. Certains sont bien évidement là pour la compétition mais nous avons aussi de nombreux cavaliers qui sont là pour le loisir et se faire plaisir dans les coteaux qui nous entourent. Nous avons de nombreux projets qui seront lancés tout au long de l’année 2017.Un sport étude a été créée en 2013, il bénéficie du label « Sport Etude Excellence » pour le CCE et c’est je crois le seul dans ce cas-là au sud de la Loire. Nous accompagnons des cavaliers lycéens vers le haut-niveau en cheval. Le nombre de cavaliers-sport études est limité à 5 pour conserver une qualité de travail et de suivi optimum »DSC_2884.JPG

EN : Tu ne laisses donc aucune place au hasard dans tes installations que ce soit dans ta propre préparation ou celle de tes élèves. Tu connais bien les cavaliers qui se sont rendu aux Jeux de 2016, que leur as-tu dis à leur retour ?

GF :  »Comme tout le monde je pense je les ai félicité. On avait un petit groupe Facebook je les ai encouragés tout le long. Je savais que nous avions une équipe pour faire de très belles choses mais c’est toujours facile à dire. Ce que j’ai pu vraiment apprécier aussi c’est l’engouement qu’il y a eu pour ces jeux, toute la cohésion du monde du complet qu’il y a eu derrière eux, notamment le groupe FB « le CCE aux JO » qui a été créé. Ils ont non seulement réussi d’un point de vue résultat mais également en créant une vraie émulation autour d’eux, de notre sport ! Le niveau en France est très élevé en ce moment et cette médaille d’or en est la plus belle illustration. Encore Bravo à eux et au staff »

EN : Tu as des projets partout, dans tes écuries, en compétition pour toi et tes élèves, alors que peut-on te souhaiter ?

GF :  »Que mes chevaux continuent d’avoir une bonne santé, que l’écurie continue son développement, que les résultats sportifs soient là et que de nouveaux propriétaires me fassent confiance. En somme rien d’extraordinaire mais si ça se passe comme ça, ce serait déjà pas mal ! »

EN : On te le souhaite bien sûr de bon cœur. On arrive à la question rituelle pour ma part, quel conseil donnerais-tu à un jeune qui voudrait atteindre ton niveau ?

GF :  »On a tous envie d’aller le plus haut le plus vite possible, surtout quand on est jeune. Mais il faut toujours penser à l’intégrité physique de son cheval, et à franchir les étapes, les unes après les autres. Être bien entouré est également une chose très importante. Trouver la bonne structure et le bon entraîneur, ça permet de progresser, de gagner du temps et de limiter les erreur »

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Merci beaucoup à Gwendolen pour cette interview !

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