[Rencontre] Benoit Cernin, du travail sur le plat à l’image de la monte germanique.

Durant l’hiver, Sébastien Dauvergne a organisé différents stages de perfectionnement avec des cavaliers de haut niveau au sein des infrastructures de Mâcon Chaintré. Dernièrement, Jan Bemelmans, entraîneur de l’équipe de France de dressage, été l’invité. A cette occasion, nous avons pu rencontrer Benoit Cernin ; cavalier professionel et tête d’affiche du circuit Grand National / Grand Indoor FFE – AC Print.

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Cette saison, Benoit Cernin a traversé la France en commençant au CSI de Royan et en finissant au Grand Indoor de Deauville. Entre épreuves jeunes chevaux, circuit national et international, le cavalier a su s’illustrer sur différentes épreuves. Il revient sur son ressenti assez mitigé « La saison 2018 était beaucoup en dent de scie, j’avais de bons chevaux mais je n’étais pas prêt. Je pense que je n’ai pas assez travaillé sur le plat. Les chevaux ont plutôt bien sauté et ont montré de bonnes choses puis j’ai eu des bricoles physiques et ça s’est ressenti sur les parcours. Sur la fin de saison c’était beaucoup mieux, deux nouveaux chevaux verts mais qui ont tout de suite été performants et puis je me suis mis à travailler avec Jan Bemelmans, et là ça a été un super complément du système déjà mis en place à la maison. ». Et à la question « Vous vous attendiez à tout cela, en particulier ce succès en fin de saison ? », il répond « C’est une spirale, lorsque ça ne va pas c’est compliqué mais lorsqu’on trouve les bons chevaux et que ça marche, c’est plutôt normal d’avoir des résultats. C’est que le travail sur le plat à la fin ! De bons chevaux, bien cibler ses parcours et puis revenir au même travail, au même système. ».

A la suite du Grand Indoor de Deauville, Benoit s’est consacré au travail à la maison avec un seul mot d’ordre : le plat ! « Que du plat ! Les bons chevaux ont très peu sauté si ce n’est des cavalettis et les autres ont le droit à des parcours à 1 mètre. Par contre là il faut que je m’y remette (rires) ! Les plus jeunes ont sauté un peu plus parce que je les connais moins bien et puis il fallait accélérer. ». Mais la reprise se fait proche, Benoit est actuellement en route pour les épreuves jeunes chevaux de Bordeaux avec Bolereau de Beaufour, son 8 ans. Ensuite « dans trois semaines Royan, puis Jardy et après on verra. ». 

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Pour ce qui est de l’avenir à court et long terme, Benoit est plein d’envie. L’objectif pour cette saison 2019 est « Essayer de remonter dans la ranking en faisant beaucoup de CSI tout en complémentant avec le Grand National parce que c’est quand même un super tremplin où l’on peut emmener pleins de chevaux. Cette année je continuerai de faire équipe avec Jérome [Hurel .ndlr] ». Quant à sa préférence des circuits, il affirme que « Ca va dépendre des chevaux et du programme en fait. L’objectif ultime est de reprendre les 5*. ». Sur ces épreuves, il démarque clairement ses trois chevaux de tête « Uitlander, Uelem, Unamour…après on avisera. J’ai un super 8 ans, Bolero, qui a un super potentiel. Il y a Vasco aussi que j’ai mis du temps à comprendre mais grâce à l’aide de Jan on a beaucoup progressé. ». A plus long terme, « En rêve, être dans les meilleurs mondiaux avec un super piquet de chevaux mais entre le rêve et la réalité il y a un grand pas. Et puis j’adore former les jeunes, les 6, 7 et 8 ans. C’est le bon âge pour le faire. ». Et pour l’avenir, difficile de dire qui se démarquera réellement. « J’ai quatre chevaux qui prennent 7 ans avec de bons potentiels dont deux qui se détachent ; dans les 8 ans c’est la même chose et assez vert. Ce sont des chevaux qui peuvent sauter des Grands Prix, à voir avec le mental. Parfois on va choisir le cheval aux capacités normales parce que le mental est bien meilleur ».

Si Benoit participait au stage de Jan Bemelmans, ce n’est pas la première fois qu’il travaillait avec. « La première fois ça a été pendant le CDI de Deauville…il me semble que c’était en juillet. J’ai suivi Alizée en Allemagne pour le revoir et j’ai eu un déclic : il fallait que je travaille avec cet homme. Ensuite il est revenu une fois à la maison […] c’est la base, c’est le contrôle quand il faut revenir ou avancer faut que ce soit instantané. Et ce stage a confirmé qu’il faut travailler plus (rires). Plus de connexion, plus revenir, plus donner c’est un ensemble. Il cible tout de suite les défauts et pour bien faire il faudrait faire ça une fois par mois. ».

51547906_2169268733135121_4123471352109727744_nNous avons aussi prit des nouvelles de Uitlander, avec qui il gagnait la Pro Elite de Mâcon Chaintré. « C’est un cheval qui n’est pas du tout à vendre et qui est étalon donc il a encore une longue carrière sportive devant lui. (Ses propriétaires nous ont indiqué qu’il avait eu une petite baisse de performance l’an dernier) : Effectivement on pensait à Tryon et j’ai eu une baisse de performance donc on a travaillé davantage ce qui a créé pas mal de pression et à la fin j’ai repris tout à zéro. On l’a envoyé à la monte pour lui donner un peu de repos et puis on a tout refait avec Jan ; là le cheval il bouge beaucoup mieux qu’avant. Finalement c’est toujours la même chose. Uitlander est arrivé lorsqu’il avait 5 ans (il en a 9 ndlr), ma femme l’a monté à 6 ans et a gagné les CIR à Cluny, puis il a fait les 7 ans et c’était parti. ».

Pour finir, Benoit s’est livré sur ceux et ce qu’il apprécie. Son modèle cavalier ? « C’est Ehning, Alhmann…On étudie tous les cavaliers et les systèmes et puis on aimerait avoir le génie de Marcus Ehning, la précision de Christian Alhmann, le réservoir de chevaux de Grégory Whatelet mais la monte germanique est vraiment un exemple dans le contrôle, la technique, tout… On pense qu’ils ont de meilleurs chevaux que nous mais en fait ils les travaillent depuis tout jeune, c’est pas le même système qu’en France. Un cheval normal français et allemand, la différence est flagrante. J’essaye au maximum de regarder les épreuves Grand Prix. ». Son meilleur souvenir ? « Le concours de Genève, c’était inattendu et c’est là qu’on se rend compte du travail qu’il faut effectuer. Lorsqu’on repart on se rend compte qu’on doit encore travailler plus. Et sinon les quatre victoires au Grand National avec quatre chevaux différents. La manière dont les chevaux se sont donnés, il peut y avoir 800 km pour rentrer ça n’est pas un problème. C’était vraiment bien, c’étaient de bons moments. ».

Propos recueillis par Eloïse Durand et Morgane Jacob à Mâcon.


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