10 choses que vous ne saviez pas sur l’équitation au pentathlon moderne

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Si cette discipline olympique vous était peut-être inconnue auparavant, vous en avez forcément entendu parler cet été durant les Jeux de Tokyo, notamment pour son épreuve équestre très controversée. L’image de la pentathlète allemande Annika Schleu, et de sa mésentente avec le cheval qui lui a été attribué Saint Boy ne vous a surement pas échappé. 

Il est clair que la culture de l’équitation dans le pentathlon moderne manquait de modernité et, plus généralement, de respect pour l’athlète à part entière qu’est le cheval.

Découvrons 10 faits que vous ne saviez peut-être pas encore sur ce sport méconnu. 

1. Les différentes disciplines du pentathlon moderne

Le pentathlon moderne comme son nom l’indique est composé de 5 épreuves. Outre l’équitation que vous connaissez déjà, s’y ajoutent l’escrime, la natation, la course à pied et le tir au pistolet. Mais cette association si originale ne vient pas de nulle part. En effet, ce sport est hérité du pentathlon antique qui comprenait la lutte, la course, le saut, le lancer de javelot et de disque. 

© FFPentathlon Moderne

2. Le pentathlon moderne a été inclus au programme olympique pour la première fois en 1912

Le pentathlon existait déjà dans l’Antiquité sous une forme complètement différente : lancer de javelot, disque, lutte, sauts, etc. Cette épreuve au format moderne a été crée par Pierre de Coubertin lors des Jeux de Stockholm en 1912.  Il a été surnommé le « véritable sport olympique » et le « sport qui véhicule le mieux les idéaux de l’Olympisme. » par ce dernier qui admirait la polyvalence indispensable des athlètes.

3. Une intégration féminine aux épreuves tardive

Cette épreuve pluridisciplinaire n’a été ouverte aux femmes que 88 ans après sa création lors des jeux de Sydney de 2000. 

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4. Lors de l’épeuvre d’équitation, les chevaux sont tirés au sort 20 minutes avant l’épreuve

C’est un des principes qui font le plus parler autour de l’épreuve équestre : le principe du tirage au sort des chevaux. Particularité du pentathlon moderne, le hasard attribue en effet aux athlètes le cheval qu’ils vont monter pendant l’épreuve de saut d’obstacles et ne le montent que pendant 20 minutes : 10 sur le plat et 10 à l’obstacle, dont seulement 5 sauts avant le départ. Les chevaux sont également montés par plusieurs participants. Tout cela laisse peu de temps au couple cheval cavalier pour se construire, la base de notre sport réside en partie dans l’union entre l’homme et le cheval, cette règle pousse donc à la réflexion… voire même à la controverse. 

5. Qui prête alors les chevaux pour l’épreuve ? 

Les chevaux sont “fournis” par les organisateurs. Ils appartiennent à des propriétaires qui acceptent de les prêter pour les épreuves. Cette règle peut également faire parler puisque chaque cheval est différent, travaillé et dressé différemment au quotidien, habitué à tel ou tel type d’équitation… Tout est donc réuni pour que le couple ne se forme pas dans les 20mn autorisées.

© FFPentathlon Moderne

6. Quel est la hauteur du parcours d’obstacle du pentathlon moderne ?

Les athlètes montent sur un parcours de 12 obstacles à 1m20. Ce qui n’est pas rien, en effet sauter un parcours à 1m20 requiert une certaine capacité de pilotage pour ne pas que cela devienne dangereux. Cet aspect a été aussi énormément remis en question lors des Jeux de Tokyo.

7. Quel est le niveau d’équitation requis pour faire du pentathlon ? 

Pour pouvoir pratiquer l’équitation au pentathlon moderne, il est nécessaire de posséder le galop 6 CSO de la FFE ou d’une certification d’équitation en pentathlon moderne.

© FFPentathlon Moderne

8. Les 5 épreuves se déroulent sur une seule journée. 

Et oui, une seule journée pour réaliser toutes ces performances sportives, c’est peu. Alors que les épreuves s’organisaient avant sur une durée de 5 jours, les athlètes réalisent désormais toutes les épreuves le même jour, et ce depuis quelques années. 

9. Le fonctionnement des autres épreuves.

Les épreuves du pentathlon fonctionnent avec un barème de points. 

L’escrime :  Chaque assaut dure une minute, en une seule touche gagnante. Un concurrent qui remporte 70 % de ses combats obtient 250 points, chaque victoire au-dessus ou en dessous de ce pourcentage valant un nombre de points déterminé en fonction du nombre de concurrents. Ainsi, avec un tableau de 36 participants, un concurrent doit inscrire 25 victoires pour obtenir 250 points. Chaque victoire au-dessus ou en dessous de ce nombre donne six points de plus ou de moins (par exemple, 23 victoires donnent 238 points).

La natation : L’épreuve de natation du pentathlon moderne est un 200 m nage libre. Un temps de 2 min 30 s donne 250 points. Chaque 0,33 seconde au-dessus ou en dessous de cette marque correspond à un point en plus ou en moins.

L’équitation : Un parcours sans fautes dans le temps donne le droit à 300 points. Un point est déduit pour chaque seconde hors de temps dépassé. Des points sont également déduits lors de fautes telles qu’une barre au sol ou un refus. Dans les cas échéants, 7 points sont déduits pour avoir fait tomber un obstacle, et 10 points pour un refus.

L’épreuve combinée : les disciplines de tir et de course sont combinées en une épreuve. Les participants utilisent des fusils lasers. Ils prennent le départ dans l’ordre de leur classement des 3 épreuves précédentes. Les athlètes enchaînent phases de course à pied et phases de tir sur cinq cibles, à une distance de dix mètres. Le premier athlète à franchir la ligne d’arrivée remporte le classement général et ainsi la médaille d’or. 

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10. L’équitation ne sera plus au programme du Pentathlon moderne pour les JO 2024. 

L’information est tombée il y a quelque temps, mais nous ne savons toujours pas quelle épreuve remplacera l’hippique. Peu d’informations sont sorties à ce sujet, aucune décision n’est définitive concernant le sport de remplacement, cependant quelques rumeurs circulent sur le cyclisme après les Jeux de Paris, afin de pouvoir préserver le statut olympique de l’épreuve.  Joël Bouzou ( champion du monde 1987 ) précise que ce changement ne serait pas en lien avec l’incident de Tokyo et que la réflexion serait déjà en cours depuis 2018. L’équitation étant d’après lui, un frein au développement de ce sport de part le coût et la pratique. 

Il aura malheureusement fallu un scandale à Tokyo et une scène violente diffusée en direct à des milliers de téléspectateurs pour éveiller les consciences et attirer l’attention sur le format complètement inadapté de la discipline équestre dans le pentathlon moderne. L’important, c’est que cela n’arrivera plus ! Il y a de quoi se réjouir.

Sources : Cheval magasine, l’Équipe, Paris 2024, France tv info, ouest-franco, olympique.ca

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