Portrait : Cana-king 👑 du Sudre Z

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Affectueusement surnommé « Canaking » par sa cavalière, Canakine du Sudre Z a marqué les esprits cette année. Évoluant sous la selle de la prometteuse Héloïse Le Guern, le beau gris s’avère être autant un grand sensible qu’un guerrier sur le cross. Portrait.

Les débuts de Canakine

Canakine du Sudre Z est né en 2010 au Haras du Sudre en Aquitaine. Ce fils de Felton du Mont (BWP) et de Listia du Sudre SF (x Duc du Murier) a fait ses gammes avec Cédric Lyard qui l’a emmené jusqu’au Mondial du Lion d’Angers pour la finale des 7 ans. En décembre 2018, les parents d’Héloïse Le Guern l’achètent et tous deux vont faire leurs débuts en épreuves pro. Assez rapidement, le couple se forme. Trois mois après, ils remportent leur première Pro 4.

C’est le début d’une belle histoire. « Au mois de mars, nous avons couru notre premier international ensemble à Tartas où nous terminons deuxièmes. Puis, nous avons participé à notre premier CCI3*L au Pouget et finissons 3èmes. Ce niveau d’épreuve était une première pour tous les deux », raconte la cavalière. Ensuite, le couple ne cesse de progresser. Ils se classent ainsi 3èmes au CCI4*-S de Barroca d’Alva au Portugal en décembre 2020. (vidéo du cross 👈 )

Avec Canakine, Héloïse Le Guern remporte le célèbre CCI4*L U25 de Bramham
©1st Class Images

2022, l’année de la révélation

Mais, c’est surtout en 2022 que Canakine se révèle vraiment. D’abord, le couple débute les labels Pro Élite, équivalent national du 4*-S. Avec Héloïse, il termine ensuite 16e du CCIO4*S de Pratoni del Vivaro, parmi les plus grands, une petite faute à l’obstacle les privant d’un top 10.

Et, après un très beau début de saison en concours nationaux, au mois de juin, il remporte le célèbre CCI4*L U25 de Bramham en Grande-Bretagne, épreuve considérée comme le championnat du Monde des cavaliers de moins de 25 ans ! Le cross de Bramham est extrêmement réputé et délicat, c’est ainsi que le couple prouve une nouvel fois qu’il est fiable et mérite le blason tricolore.

Logiquement, le couple est donc sélectionné pour faire partie de l’équipe de France sénior au Haras du Pin, d’où il revient avec une belle deuxième place et pour la coupe des Nations de Boekelo où, après les aléas du dressage, ils redressent la barre et terminent 3e par équipe et 17e en individuel.

« Guerrier sur le cross » est un terme taillé pour Canaking 👑

À la fois sensible et courageux

Car le Roi Cana, n’est pas toujours évident. « Il a du sang anglo dans ses veines (par sa grand-mère), et ça ressort dans son caractère. Il est très sensible et très émotif » raconte sa cavalière. « Il est anxieux. En général il essaie d’intérioriser mais parfois ça ne marche pas comme à Boekelo sur le dressage où il est devenu incontrôlable sur tout le travail au galop ». En cause ? Un caméraman au bord du carré qui n’était pas présent la veille lorsque les cavaliers et chevaux avaient pu travailler sur la piste. Car le grisou est émotif et déborde de sang. « C’est à la fois une qualité et un défaut ».

Heureusement, il ne manque pas de qualités dans d’autres domaines. « Il est toujours de bonne composition. Il veut bien faire ». Surtout, le beau grisou a une galopade et une qualité de saut hors du commun, que son anxiété n’altère pas. « Sur le cross c’est un guerrier. Il est très courageux et imperturbable, alors qu’en balade à la maison, il peut avoir peur de son ombre » s’amuse Héloïse. Et puis Canakine est très à l’écoute de sa cavalière et réagit à la moindre pression de jambe ou autre demande de sa part. Quant au CSO, c’est aussi une discipline qui lui convient bien. Agile, « il saute comme un chat même si l’on a toujours des choses à améliorer »

Vous avez dit « qualité de saut » ? ✈️

Une vie de poney

Quand Canakine n’est pas en concours, il mène presqu’une vie de poney ! Il passe ses journées au pré, « où il est méconnaissable tellement il aime se couvrir de boue » raconte Héloïse en rigolant. « Et puis, il est à côté d’autres copains, ça l’apaise. C’est le mode de vie qui lui convient ».

Une vie de poney donc, mais un travail d’athlète. Car il n’y a pas de secret pour performer à ce niveau-là. Canakine travaille donc 6 jours sur 7. « Et au programme des jours de travail, il a généralement droit à une longe le matin et l’après-midi c’est soit saut, soit plat plus ou moins intensif, soit trotting ou galop » détaille sa cavalière. Pour préparer les plus grosses échéances, la cavalière se rend sur la piste de Verrie à Saumur. « Et j’essaye de faire quelques épreuves de CSO. Dans l’idéal il faudrait que je courre un CSO le week-end précédent les gros complets. C’est une très bonne préparation, surtout pour lui qui est très émotif ».

Canakine a toutes les qualités intrinsèques pour le haut-niveau. Il reste à travailler la gestion de ses émotions, notamment pour le dressage où ça ne pardonne pas. Mais avec la ténacité de sa cavalière, on a peu de doutes sur leur avenir ! Rendez-vous peut-être aux Championnats d’Europe l’an prochain et à Paris en 2024 ?  

Ce couple ♥️
#ENRider

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