Golden de Béliard, petite jument au grand cœur

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Elle n’a jamais aussi bien porté son nom. C’est la nouvelle championne du Monde de concours complet des 6 ans. Golden de Béliard AA, fille du génialissime Upsilon, s’est révélée au Lion d’Angers. Portrait de cette jument haute comme trois pommes.  

L’histoire de Golden de Béliard a commencé en 2016 dans le Sud-Ouest chez Gérard Brescon, à l’élevage de Béliard, qui en est toujours son propriétaire.

Une génétique de rêve

Cette belle baie est une fille d’Upsilon (AA) et de Vieusinge du Maury (AA) par Jalienny (AA). « J’ai fait ce croisement pour plusieurs raisons » raconte Gérard Brescon, son naisseur et propriétaire. « La première c’est parce que le père et la mère sont des chevaux de cœur. Vieusinge du Maury est ma première poulinière. Une jument avec une excellente souche anglo-arabe. Et, Upsilon c’est aussi un cheval de cœur dont je suis copropriétaire. Je n’ai donc pas cherché très loin » s’amuse-t-il. Il faut dire qu’en choisissant Vieusinge et Upsilon comme parents, l’éleveur ne prenait pas trop de risque lorsque l’on voit la belle lignée qu’ils ont d’ores et déjà.  « La souche maternelle est primordiale ensuite, avec le père on améliore encore les qualités. Et Upsilon reproduit bien et amène de la force ».

Après la victoire de Golden au Mondial du Lion, Gérard Brescon ne manque pas d’aller faire une caresse à Vieusinge du Maury, la mère de la championne ! © Gérard Brescon

Un croisement issu donc à la fois du cœur et des qualités intrinsèques de chacune des souches, avec a priori toutes les dispositions pour faire du concours complet. « Ce n’est pas la première jument issue de ce croisement, j’avais eu une pouliche l’année d’avant ». En effet, Flamme de Béliard, elle aussi une petite jument, était la propre sœur de Golden. Cédée à l’élevage du Jouetard, cette jument au « concentré de bonne génétique » est malheureusement décédée prématurément au mois d’octobre, non sans avoir laissé derrière elle trois poulains dont Libertine, une pouliche par Putch des Isles qui a su séduire Kamel Boudra.

Golden de Béliard, une sœur de champion

« C’est amusant car Golden est une sœur utérine de Sirocco du Gers (SF Dorsay x Vieusinge du Maury), le premier cheval de l’élevage. Et Sirroco a lui-même remporté le titre de champion du Monde de CCE au Lion d’Angers, dans les 7 ans en 2013 avec Thomas » se rappelle Gérard Brescon. Un souvenir qui a rejailli dans la mémoire du cavalier lors de cette victoire au Lion d’Anger et qui a dit alors à Gérard Brescon « C’est reparti ! ».

Le frère utérin de Golden, Sirroco du Gers, avait quant à lui remporté le titre de Champion du Monde des 7 ans avec Thomas Carlile !

Et, on souhaite à Golden de marcher dans les traces de son demi-frère. Car c’est aussi avec Sirroco que Thomas Carlile, parmi d’autres très beaux classements, ramenait une médaille de bronze par équipe lors du Championnat d’Europe de Blair Castle et avec lequel également il était sélectionné pour les Jeux Olympiques de Rio.

Golden de Béliard
Le travail de Thomas paye et la jument a progressé notamment en CSO pendant l’année de 6 ans ©Flickr FEI/PSV

Un caractère bien trempé

Comme son frère et sa sœur, Golden un petit modèle. En effet, elle toise 1,58 m seulement. Et, côté tempérament, elle ne manque pas de caractère. « C’était une pouliche très sauvage. Elle n’était pas facile à attraper. Elle s’est calmée avec les années mais a toujours du tempérament. Mais, la plupart des chevaux qui brillent en compétition ont du caractère » souligne Gérard Brescon. Un tempérament de feu donc et des aptitudes intrinsèques. Dès son plus jeune âge, Golden montre de belles qualités, elle a de l’énergie, de la souplesse et elle bouge bien. « C’était bon signe de la voir bouger comme cela au pré. Même si rien n’est confirmé tant qu’ils ne sont pas sous la selle » rappelle l’éleveur.

Des débuts timides…  

La jument commence donc sa carrière sportive à 5 ans sous la selle de Thomas Carlile, l’éleveur préférant voir ses 4 ans au pré après le débourrage, même si certains font parfois quelques tours en complet ou CSO pour découvrir l’ambiance. « Les débuts n’étaient pas si évidents. Mais Thomas a su révéler le meilleur d’elle-même comme il sait si bien le faire » raconte Gérard Brescon. Son cavalier confiait d’ailleurs au micro de Kamel Boudra en sortie de piste du Mondial du Lion. « Les premières années, le dressage était laborieux, le concours hippique je ne vous en parle pas. Mais, le cross a toujours été plutôt amusant ». Ce que confirme son propriétaire « À l’obstacle, elle avait tendance à se précipiter. Mais Thomas l’a bien fait évoluer et l’a emmenée sur plusieurs concours pour améliorer ce point ».

La jument est en effet, très « anglo » : comprenez bourrée de sang. « Tom la surnomme d’ailleurs la pétroleuse » indique son propriétaire. Mais, elle est aussi rapidement très inquiète ce qui pouvait provoquer quelques désarrois pendant le dressage si jamais un pot de fleur venait à tomber. Tant et si bien qu’elle ne se révèle pas vraiment pendant ses deux premières années de concours. « Mais au fil du temps pendant la saison des 6 ans, elle a commencé à mieux répéter ses gammes ». Et sur le cross, elle continue de montrer ses qualités, allant chercher l’obstacle suivant. « Elle a un très bon galop et elle aime ça comme Sirocco. On peut voir sur les vidéos du cross, elle a toujours les oreilles en avant ».

Golden de Béliard
Golden de Béliard, une jument pleine d’énergie, les oreilles en avant à la recherche du prochain obstacle à franchir ! ©FFE / PSV

jusqu’à la victoire de Golden de Béliard au Mondial du Lion

À force de travail, la jument a donc progressé et c’est ainsi qu’elle termine à la 6e place aux championnats de France de Pompadour, ce qui lui a permis de se qualifier pour le Mondial du Lion. « Nous étions déjà très heureux d’avoir notre qualification. Et, nous allions là-bas avec l’espoir d’un Top 10 » poursuit Gérard Brescon. Et,Golden l’a fait. Et, avec la manière en décrochant la première place du podium, à l’issue d’un jumping sans-faute, test sur lequel elle était pourtant si délicate quelques mois auparavant. Une victoire méritée et bienvenue pour l’équipe qui a connu beaucoup de désillusions ces dernières années.  

Ensuite ?

Lorsque l’on demande à Gérard Brescon quel sera l’avenir de la jument, il répond avec prudence : « On verra. Je pense qu’elle a les moyens pour faire les 7 ans. Et, peut-être plus. L’avenir nous le dira ». Même s’il rêve bien entendu de la voir évoluer sur les plus belles épreuves et qu’elle aille fouler notamment les mythiques pistes anglaises dans quelques années.

Si certains pourraient penser que sa petite taille pourrait être un frein, Gérard Brescon n’est pas tellement inquiet. « Sirroco était petit aussi et en plus avec un dos assez lâche ce qui n’est pas son cas, et ça ne l’a pas empêché de faire de belles épreuves ».

Et, pour l’éleveur ce qui compte avant tout pour faire du complet c’est que les chevaux aient du sang, du cœur et qu’ils soient solides. « Des caractéristiques des anglos d’ailleurs. Et, Golden réunit toutes ces qualités. Ceci, sans oublier, le plus important, elle un cavalier capable de la faire progresser et de faire ressortir le meilleur d’elle-même » ajoute-t-il.

Une descendance à venir

Grâce au transfert, Golden a eu en 2021 un petit mâle, L’Artiste de Béliard par un autre cheval de cœur de l’élevage : son étalon Dartagnan de Béliard qui brille également sous la selle de Thomas Carlile. D’autres transferts devraient avoir lieu pour perpétuer la descendance de cette superbe souche tout en laissant Golden de Béliard poursuivre son aventure avec Tom sur les terrains de concours. L’histoire se poursuit…  Et tout laisse à penser que de belles pages devraient encore être écrites.

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